ACCUEIL arrow CONF 11 arrow Infos pratiques arrow Présentation
ACCUEIL
Contact
Rechercher
Agenda
Liens
Adhérez
- - - - - - -
Culture
- - - - - - -
DANGER OGM ! DANGER OGM !
Agir/informer
- - - - - - -
Agro-carburants
- - - - - - -
Archives
Détente
Poésies
Vidéos Monsantox

Copyright vEsti24
Présentation Version imprimable Suggérer par mail
CONF 11 - Infos pratiques

Historique de la Conf’ de l’Aude :

Dans les années 70, face à la FDSEA-CDJA, qui ne s’intéressent qu’à la viticulture, quelques néo-ruraux, anciens CDJA, forment le « Syndicat Montagne ». Edith Cresson, ministre de l’agriculture socialiste, donne quelques sous ; en 1983 , la présentation aux élections Chambre obtient 2 élus, mais l’influence est très locale et réservée à la zone montagne, sans toucher la zone viticole.
Quand Chirac devient premier ministre en 1986, il coupe les moyens, et les « travailleurs paysans » rassemblent ce qui reste des mouvements syndicaux contestataires.
En 1988 création de la Confédération Paysanne nationale ; en 1989 une liste « travailleurs paysan » est présentée dans l’Aude, elle s’appellera ensuite Confédération Paysanne. Le Syndicat Montagne se divise entre Conf’ (majoritairement) et FDSEA. La CP 11 passe de 20 membres à 50, aujourd’hui il y a environ 120 adhérents et 200 sympathisants. En 2001 la Conf’ fait 37.8% aux élections Chambre (10.1% en 1995). Sur les villages viticoles il y avait 7 % en 1995 et 27 % en 2001, mais peu d’adhésions en militants.

La Conf’ régionale :

Avant 1850, l’agriculture régionale était une polyculture de proximité, avec un important élevage ovin et une industrie lainière fortement exportative. En 1860, le traité de libre échange entre France et Angleterre permet l’importation massive de laine d’Australie qui ruine l’élevage ovin de la Région. Par ailleurs, le développement des transports favorise une spécialisation régionale accentuée : 3 grandes régions se spécialisent : le Nord dans le sucre, le Centre dans les céréales, et dans le Midi le vin remplace l’élevage ovin qui chute de 80 % en trente ans… mais le phylloxera provoque l’arrachage massif, et on replante dans la plaine, dans n’importe quelle terre ; on découvre la greffe, on multiplie les rendements (en un siècle x 5), la culture paysanne est en régression. La viticulture méridionale est devenue – au même titre que le Nord avec le sucre, et le Centre avec les céréales – précurseur de l’agriculture productiviste. La demande est importante, liée au développement industriel (le vin sert à maintenir le moral des ouvriers), et l’armée elle aussi est bon client.
Première grande crise en 1907 provoquée par la mévente et la chute des prix qui en découle. L’Etat refuse de soutenir la profession, alors qu’il protège le sucre et les céréales… et il y a la fracture entre le Nord et le Sud. Premières mobilisations (naissance de la CGVM, anti-FNSEA et occitaniste), avec des leaders populistes et incompétents pour négocier. Les grands propriétaires, qui envoient leurs ouvriers aux manifestations, négocient directement avec l’Etat, qui n’intervient pas sur les prix, mais donne des statuts aux vins. Le vin d’Algérie accroît la surproduction. Les petits propriétaires s’organisent pour vinifier et mettre au marché ensemble. Création des caves coopératives.
Mais la profession vivra d’autres crises.
En 1970, la construction de l’Europe laisse rentrer le vin Italien. En cette même période, il y a le mouvement des néo-ruraux au Larzac, des pacifistes et les travailleurs paysans s’allient aux vitis, il y a des manifs de 100 000 personnes. En 1973, René Dumont passe par là. Les viticulteurs ont aimé son discours, mais il n’aurait pas du parler de surproduction, terme tabou !
Sous l’influence des néo-ruraux, le discours viticole devient plus politique : slogans « Vivre au pays » et notion de « terroirs », puis jonction avec des mouvements ouvriers, revendications plus ciblées, plus symboliques (en 1975 l’occupation de la cathédrale de Montpellier). L’Etat ne cède pas alors qu’il soutient les céréaliers. Il renforce les distillations (= destruction de la surproduction)

Les limites de la collaboration entre le monde viticole et la Confédération Paysanne commencent à se faire sentir : il est très délicat de dire qu’il y a trop de vignoble, et que la vigne n’a rien à faire dans la plaine. Re-crise en 1976 : l’Etat refuse de fermer les frontières et répond distillation. La politique agricole de Chirac est simple : plan de restructuration, de plantation. Puisque la demande en gros rouge baisse (moins d’ouvriers, moins d’armée), il faut changer de cépages. Dons arracher, puis replanter ! L’Etat aide moins les petits producteurs que le commerce - il faut vendre les stocks – il favorise l’émergence de « groupements de producteurs », qui peuvent être des SICA (sociétés) et peuvent acheter et vendre du vin et délocaliser les plantations à l’étranger. Leur rôle de protection est vite perverti en celui de négociants. La viticulture qui est par définition pérenne, devient presque annuelle pour adapter les cépages à la demande du commerce.
En 1983, les travailleurs-paysans de l’Hérault recherchent une stratégie plus pédagogique, au lieu de s’attaquer à n’importe quel bien de l’Etat, ils ciblent les importateurs et leurs camions, s’attaquent aux fraudeurs. Le vin Espagnol ne peut plus transiter par la région. Apparition de la distillation obligatoire.
En même temps, les contradictions deviennent évidentes : il est difficile pour un syndicat généraliste et non pas corporatiste de défendre une profession privilégié par rapport aux autre spéculations (la vigne génère le plus gros revenu par heure de travail), les viticulteurs ne veulent pas entendre parler de leur propre responsabilité (surproduction, terrains non adaptés à la vigne, production industrielle et polluante). Les relations entre la Conf’ et les vitis se déstabilisent… La Conf’ travaille alors un projet prudent, sans parler d’arrachage : des aides directes aux producteurs, mais sous condition : embauche, plafonnement, qualité, limiter les pesticides. Le projet passe à la trappe, mais est repris plus tard dans le cadre des CTE, mais alors complètement dénaturé : les aides vont alors à l’investissement, tandis que la Conf’ les voulait à la surface (aides plafonnées et liées au nombre d’actifs). Les CTE , au lieu de pérenniser l’existant, poussent encore à l’agrandissement !
On parle de valoriser les « Terroirs », le terroir étant la seule chose que l’on ne peut reproduire ailleurs pour moins cher ! Une idée de plus créée par la Conf’ et récupérée par la FNSEA !
Le nombre de viticulteurs baisse dans la région : en 1970, 100 000 contre moins de 15 000 aujourd’hui, tandis que la consommation de vin est passé de 160 litres par an et par habitant en 1950, à 60 litres aujourd’hui.
Et la Conf’ a toujours des difficultés à avancer un projet viticole clair : parler d’arrachage n’est pas populaire ; plafonner par actif, sur quels critères ? La demande réelle est difficile à chiffrer, la concurrence internationale (Californie, Australie, Chine…) se fait sentir. La viticulture industrielle avec ses modes mono-cépages est très loin de l’agriculture paysanne avec son vin à identité culturelle…
La position Conf’ aujourd’hui est donc de revenir à une viticulture paysanne, plus pérenne, l’arrêt de la monoculture par régions entières ( = catastrophe écologique), à une baisse des rendements et un travail sur la qualité : des aides directes plafonnées contre un engagement qualité + environnement.

Dans l’arrière pays, les réseaux Larzac et autre néos mènent une lutte paysanne avec une vision plus politique que les viticulteurs : dans les années 70, l’agriculture recule, l’élevage a disparu de la plaine, les troupeaux sont en zone de montagne. La forte déprise agricole permet (des prix bas) à des néo-ruraux de s’installer. Beaucoup d’installations précaires de gens qui ont un projet de vie plutôt qu’un projet agricole. Alors que la politique agricole favorise la production de matière première pour l’exportation, les néos amènent la diversification, la vente de proximité, le produit transformé (fromage de chèvres). Leurs revendications syndicales : le foncier, la lutte contre l’incendie (par l’élevage : coupures vertes), sauvegarde d’un tissus social dans les zones défavorisées par l’installation. Beaucoup de leurs idées sont récupérées par la suite par la FNSEA…

Aujourd’hui, malgré le relatif succès que connaît la Conf’, aussi vis à vis du consommateur par l’effet Bové et les crises sanitaires : vache folle, beaucoup d’interrogations persistent : alors que les ADEAR s’occupent d’installer, nous n’avons pas trouvé la solution pour la transmission des fermes. Beaucoup parmi nous s’approchent de la retraite, et les enfants ne s’intéressent pas à l’agriculture, ou alors nos salaires leur font peur…
Nous n’avons trouvé que des solutions individuelles et non collectives pour la vente de proximité et la vente directe.
Comment aider concrètement les paysans à se maintenir ?
Il ne suffit pas de revendiquer, encore faut-il proposer des solutions à de nombreux problèmes. Par exemple à partir de juillet 2002, les agneaux de plus de 6 mois vont être testés pour la tremblante au coût de 60 F, ce qui favorise les agneaux de bergerie, vendus plus jeunes, par rapport à l’agneau à l’herbe. Il y a là une lutte syndicale à mener. Il ne suffit pas d’être contre les OGM, encore faut-il construire une alternative (plants de vigne plus robustes, semences ……)
Vaste champ de réflexion.

 
Suivant >